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La Centrafrique poussée vers la sortie de la zone CFA à cause de Bitcoin

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Les cryptomonnaies en Afrique peinent à trouver leur place. Force est de constater que de nombreux pays les considèrent carrément comme un fléau. Alors quand le deuxième pays le moins développé du monde décide d’adopter le Bitcoin comme une monnaie officielle, nul doute que des représailles sont à prévoir. La Centrafrique tend-elle vers une exclusion de la zone CFA ? Une question tout à fait plausible et qui attire de plus en plus d’attention au vu des réactions des autorités financières africaines.

Bitcoin, monnaie officielle de la Centrafrique


Le 26 avril dernier, la République Centrafricaine a souhaité la bienvenue au bitcoin. Dans une communauté majoritairement pauvre, l’adoption du Bitcoin est synonyme de nouvelles opportunités. En effet, le Franc CFA est relativement sous-évalué et les échanges avec l’extérieur se compliquent considérablement.

Dans cette optique, la Centrafrique prend un sacré coup d’avance en optant pour l’utilisation officielle des monnaies numériques. Les cryptomonnaies jouissent d’un système opaque, non-régulé et décentralisé. De ce fait, l’adoption du bitcoin par la Centrafrique permet aux utilisateurs d’effectuer eux-mêmes leurs transactions sans toutefois passer par les systèmes bancaires qui s’avèrent parfois pénibles et lents.

Le professeur Touadéra, président de la République Centrafricaine depuis 2016, trouve que le Bitcoin est source de nouvelles opportunités et que ce dernier permettrait de lutter contre la France et le FCFA qui n’aident pas particulièrement le pays à évoluer. Grâce aux cryptomonnaies, le Parlement du pays espère augmenter le niveau de vie des populations. 

Initiative louable quand on sait qu’il fait partie des deux pays les moins développés de la planète. Trouver des solutions pour améliorer le quotidien du peuple prend tout son sens. Toutefois, toutes les initiatives ne sont pas toujours comprises dans leur sens premier et finissent parfois par effrayer aussi bien les populations du pays que la communauté internationale.

Le Bitcoin n’est pas une cure contre les problèmes financiers en Afrique


L’adoption du Bitcoin en Afrique n’est pas forcément perçue d’un bon œil car, les gens se méfient de ce qu’ils ne connaissent pas. Il est alors normal que certaines personnes s’insurgent. Face à cette nouvelle, le Fonds Monétaire International (FMI) a pris la parole et a tenu à informer la population que le Bitcoin n’est pas une aberration même s’il n’est pas cure contre les problèmes financiers africains.

Selon Abebe Aemro Selassie, directeur du département FMI Afrique, « Dans l’hypothèse d’un mouvement bien préparé vers la numérisation et par le biais de l’utilisation des monnaies numériques des banques centrales, les cryptomonnaies peuvent contribuer à un système de paiement plus robuste sur le continent ». Néanmoins, il pense que les cryptos restent des actifs avec un taux élevé de risques qu’il faut surveiller de près. Pour cela, des dispositions doivent être prises pour éviter de mauvaises surprises. Notamment : une bonne gouvernance, la transparence financière ainsi qu’un cadre législatif bien établi.

Ce dernier s’inquiète également de la forte volatilité du Bitcoin qui fait des montagnes tout au long de l’année. Miser sur un actif instable qui passe du plus haut sommet à la baisse en quelques jours représente une véritable prise de risque. Pour le FMI, la décision d’adopter le bitcoin comme monnaie officielle au côté du FCFA est dangereuse tant pour les consommateurs que pour l’intégrité financière et la stabilité financière du pays. La centrafrique doit alors faire face à plusieurs mises en garde en particulier, celles de la zone CFA.

La zone CFA s’insurge contre l’adoption du Bitcoin en RCA


Suite à la décision de la Centrafrique d’adopter le Bitcoin comme deuxième monnaie officielle et de légaliser l’utilisation des cryptomonnaies, les représentants de la sous-région CEMAC et CFA sortent de l’ombre et donnent leur avis par rapport à la situation.

Dans de nombreux pays d’Afrique, les autorités financières prennent la parole face à la situation de la RCA.  Pour l’un des hauts cadres de l’administration des Finances de la sous-région, la décision de la Centrafrique est un “bras d’honneur aux principes communautaires”.  Il continue sur la même lancée et pense que la RCA cherche expressément à provoquer la zone CEMAC.

Cette provocation pourrait probablement conduire à l’expulsion du pays de la zone CEMAC et du Franc CFA. Selon cet expert, les autorités de la Centrafrique donnent une raison valable aux pays voisins de les expulser de la zone plutôt que “d’assumer leur volonté unilatérale d’en sortir”.

Depuis Yaoundé, capitale politique du Cameroun, un responsable de la Banque centrale des Etats d’Afrique centrale (BEAC) s’est également exprimé sur le sujet. Selon lui, la décision de la Centrafrique est nulle et sans effet car elle va à l’encontre des textes de l’Union monétaire en Afrique centrale (UMAC). La situation qui a l’air simple d’apparence, semble urgente et critique pour les autorités financières africaines. Raison pour laquelle certains interlocuteurs préfèrent garder l’anonymat tant que les chefs de la sous-région n’auront pas fait d’annonce officielle.

L’appui de certaines communautés à la zone CFA


Si dans la sous-région la décision de la RCA d’adopter le bitcoin comme monnaie officielle ne passe pas, il en va de même pour certaines communautés qui pensent que la décision de Bangui est fortement influencée par la désinformation russe qui en sort grande gagnante dans l’affaire.

En effet, depuis 2016, la Russie s’enrichit grâce aux contrats miniers signés avec la Centrafrique. L’adoption du Bitcoin permet donc de généraliser des paiements difficiles à tracer en devises internationales et en actifs convertibles. Un procédé qui pourrait très bien faire plaisir aux cadres de la milice russe Wagner dont les actifs ont été gelés en décembre 2021 par l’Union Européenne.

L’adoption du Bitcoin comme monnaie officielle par la Centrafrique peut ouvrir de nouvelles perspectives aux habitants du pays. Toutefois, cette action est très loin d’être approuvée par les autorités financières de la zone CEMAC et du Franc CFA. À quoi doit s’attendre la RCA ? Surtout, quand on sait que de nombreux représentants de la sous-région tendent vers l’exclusion de la République Centrafricaine de la zone CFA. Pour le moment, seule une prise de parole officielle des chefs de la zone pourrait éclaircir la situation.

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